D’où vient le racisme ?

L’imaginaire politique en France fait du nationalisme une idéologie de droite alors qu’il est à l’origine une idéologie de gauche, confondu avec le patriotisme
Le fait est entendu que la gauche serait “antiraciste par nature” puisqu’éloignée des thèses nationalistes raciales, coeur de l’idéologie actuelle du FN et de certains UMP.

C’est le discours politique qui est servi à profusion par les acteurs de gauche et de ses professionnels, du PS, du PC, du FDG, et des organes satellites antiracistes de type SOS racisme, etc. La droite, et l’extrême-droite aussi (mais c’est différent car elle se réclame officiellement du nationalisme, à la différence de l’UMP), en convient officiellement et ne dispute pas à la gauche ce fait. La raison en est simple : le nationalisme en France est une idéologie de droite, portée par des segments de droite et par l’exrême-droite. Et les acteurs de gauche les plus attachés à la France se considèrent comme des “patriotes” et non comme des nationalistes”.

Or, le nationalisme est à l’origine une idée de gauche, depuis la Révolution, et la gauche a mélangé nationalisme et patriotisme durant toute la première moitié du 19e siècle jusqu’au Second Empire et la guerre de 1870. C’est la gauche révolutionnaire qui a poussé la nation en armes à vaincre décisivement les autres pays d’Europe coalisés. La droite, monarchiste, n’a cessé de comploter contre la France révolutionnaire dès 1789 en recourant à l’étranger, aux Emigrés, puis contre l’Empire napoléonien.

Ce n’est qu’à partir du Second Empire que le nationalisme a été distingué du patriotisme et est passé de gauche à droite (situation actuelle).

L’imaginaire politique fait de la gauche une voix antiraciste, assimilée à anticolonialiste
C’est le cas actuellement. Mais il s’agit-là de pure vue superficielle. Ce n’est certes pas la gauche ni la républiqiue qui ont inventé la colonisation (celle du premier empire colonial français dont il ne restait que les miettes à la Révolution, les DOM actuels, Canada et Indes ayant tombé dans l’escracelle anglaise au milieu du 18e siècle), mais ce sont elles qui l’ont amplifiée, développé lors de la deuxième moitié du 19 e siècle pour le second empire coilonial français (Indochine, Afrique, Madagascar). L’Algérie est un cas à part car le pivot entre les deux empires coloniaux (1830) et que la conquête de l’Agérie a participé àla construction du roman national français du 19e siècle post-révolution.
On ne s’étonner donc guère que les voix éminentes de gauche de la IIIe République aient été de fieffés colonisateurs, de Jules Ferry et son disours sur les races inférieures à civiliser à Gambetta et la Tunisie par exemple, juste avant sa mort.
En réalité, la gauche a poussé le nationalisme dans les bras de la droite au cours du 19 e siècle, mais a constamment pratiqué un nationalisme de possession coloniale qu’elle a nommé patriotisme. Le nationalisme étant interdit à la gauche dans le discours, c’est ce même nationalisme colonial qui explique largement les trous noirs de la mémoire de gauche sur les colonies et son racisme, qui explique que la gauche ait colonisé sans barguigner et ait eu si de mal à déconoliser, provoquant même la dernière guerre de reconquête coloniale perdue en Algérie entre 1954 et 1958. Socialistes, et majoritairement les comunistes aussi, ont été des gauches coloniales jusqu’à la fin (d’ailleurs, par parenthèse les Français d’ALgérie ont été majoritarement de gauche durant toute l’ALgérie coloniale, dès la deuxième République qui fit du nord de l’Algérie trois “départements” avec une législation d’exception et pas que d’extrême-droite comme la légende dorée de gauche le prétend). Le socialisme s’arrêtait toujours aux colonies à la frontière coloniale jusqu’à la fin.

C’est cette situation où le nationalisme a shifté de gauche à droite, et où il n’a été rendu acceptable pour la gauche que par un mythe “patriotique” colonial (la France apportant la lumière aux indigènes, qui est à l’origine à la fois du malaise actuel, qui fait que tout Français sait inconsciemment que l’antiracisme proclamé par la gauche actuel correspond en réalité à un profond racisme historique colonial (et qui est présent dans toutes les conciences aujourd’hui, sous des formes à peine différentes de type paternalisme ex. Marseille avec Samia Ghali et F. Menucci, JP Chevènement, nationaliste colonial à peine rentré doublé d’un maurrasien “continental” de gauche) et que l’opposition entre le racisme (réel) de l”extrême-droite et l’antiracisme (de façade) de gauche est surfaite, alimentée pour des positions politiques, mais qu’il s’agit d’une grossière hypocrisie car les deux relèvenet du même processus historique réinventé.

Le racisme biologique de type nazi est donc surfait à gauche, comme une “aberration historique” ce qu’il n’est pas en regard du racisme colonial sous toutes ses formes (la crise de la féodalité de la noblesse et la théorie de la purté de sang exportée dans le premier empire colonial et qui a donné le rasime de couleur issu des quartiers de sang, puis le racisme issu du scientisme et de l’évolutionnisme au 19e sicèle. De même l’antisémitisme est-il aussi isolé comme une spécifité absolue dans le racislme de gauche et officiel, depuis l’Affaire Dreyfus, par la gauche. Ce qui explique aussi que que les mouvements aniraciste de gauche aient été très souvent dirigés par des Juifs, de type Dray, et que les Maghrébins aient été toujours majoritairement mis à l’écart (hormis quelques bouffons de type M. Hanouit, Arabe/bouffon de service du P.S.), à la fois car les socialistes n’allaient pas confier un travail d’émancipation néo-colonial des consciences sous la couep d”Arabes”, et aussi parce que cele coïcinde avec les intérêts larges du sionisme qui n’ont aucunement intérêt à voir la chape de plomb idéologique et politique de la doxa remettre en cause la nature profondément coloniale et du sionisme.

En résumé, sur ce sujet complexe, la gauche et le PS en particulier, sont travaillés de l’intérieur par un profond racisme rentré de nature historique et coloniale jamais admis, qui peut prendre les atours de l’antiracisme, tellement vide que plus personne ne va suivre ces marches bidon de gogos sous légide de SOS racisme. Il est certes de prime abord moins dangereux qu’un racisme admis et légitimé par le discours du FN mais beaucoup plus pernicieux à long terme. Il serait temps que la France décolonise le PS de son nationalisme racial-colonial.

Sources historiques : René Gallissot, Raoul Girardet, JF Sirinelli, Benedict Anderson, etc.

Ecrit par Dentelle Soyeuse,

4 Responses to D’où vient le racisme ?

  1. eazk

    Une reference sur le sujet, personnellement, j en veux encore merci bien.

  2. riouda

    Cela fait sacre bout de temps que je n avais pas eu autant de plaisir avec une lecture de ce niveau !!!

  3. idrwzle

    Un veritable travail d orfevre, merci pour ce bon plaisir.

  4. clif

    Exactement le style d’idee que je me fesait du sujet, merci bien pour cette excellent article.

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